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(mise à jour : le 26/02/2014)

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PHILOCTETES
ΦΙΛΟΚΤΗΤΗΣ
Empédocle (490 à 435 avant Jésus-Christ) :
"A un moment donné, l'Un se forma du Multiple ; en un autre moment, il se divisa et de l'Un sortit le Multiple."

Le texte grec (en cours d'édition) et les traductions ont été scannés et vérifiés par nos soins.

Fragments complets :

1. Et toi, prête l'oreille, Pausanias, fils d'Anchitos, le Sage !
(1) And do thou give ear, Pausanias, son of Anchitos the wise !
I) Παυσανίη, σὺ δὲ κλῦθι, δαΐφρονος Ἀγχίτου υἱέ.

2. Car étroitement limitées sont les forces qui sont répandues sur les parties de leurs corps, et nombreux sont les maux qui fondent sur eux et émoussent le tranchant de leurs soucieuses pensées ! Ils ne voient qu'âne faible mesure d'une vie qui n'est pas une vie, et, condamnés à une prompte mort, ils sont enlevés et se dissipent comme une fumée. Chacun d'eux est instruit de cela seulement qu'il a rencontré par hasard au gré de ses errements, et il ne se vante pas moins dans sa frivolité de connaître le tout. Tant il est difficile que ces choses soient vues par les yeux ou entendues par les oreilles des hommes, ou saisies par leur esprit. Toi donc, puisque tu as trouvé ton chemin jusqu'ici, tu apprendras, mais non plus que l'esprit mortel ne possède de force. — R. P. 163.
(2) For straitened are the powers that are spread over their bodily parts, and many are the woes that burst in on them and blunt the edge of their careful thoughts ! They behold but a brief span of a life that is no life, and, doomed to swift death, are borne up and fly off like smoke. Each is convinced of that alone which he had chanced upon as he is hurried to and fro, and idly boasts he has found the whole. So hardly can these things be seen by the eyes or heard by the ears of men, so hardly grasped by their mind! Thou, then, since thou hast found thy way hither, shalt learn no more than mortal mind hath power. R. P. 163.
II) στεινωποὶ μὲν γὰρ παλάμαι κατὰ γυῖα κὲχυνται· πολλὰ δὲ δείλ' ἔμπαια, τά τ' ἀμβλὺνουσι μερίμνας. παῦρον δὲ ζωῆς ἰδίου μέρος ἀθρήσαντες ὠκύμοροι καπνοῖο δίκην ἀρθὲντες ἀπέπταν 5 αὐτὸ μόνον πεισθέντες, ὅτωι προσέκυρσεν ἕκαστος πάντοσ' ἐλαυνόμενοι, τὸ δ' ὅλον (πᾶς) εὔχεται εὑρεῖν· οὕτως οὔτ' ἐπιδερκτὰ τάδ' ἀνδράσιν οὐδ' ἐπακουστά οὔτε νόωι περιληπτά. σὺ δ' οὖν, ἐπεὶ ὧδ' ἐλιάσθης, πεύσεαι οὐ πλὲον ἠὲ βροτείη μῆτις ὄρωρεν.

3. ...à garder dans ton cœur muet.
(3) ...  to keep within thy dumb heart.
στεγάσαι φρενὸς ἔλλοπος εἴσω.

4. Mais, ô dieux, détournez de ma langue la folie de ces hommes. Sanctifiez mes lèvres et faites couler d'elles un fleuve pur ! Et toi, très courtisée Muse, vierge aux bras blancs, je te supplie de me faire entendre ce qui convient aux enfants d'un jour ! Fais-moi avancer dans ma voie dès la demeure de la Sainteté et pousse mon char docile ! Des couronnes de gloire et d'honneur de la main des mortels ne te forceront pas à les soulever du sol, afin que, dans ta fierté, tu parles au-delà de ce qui est équitable et droit et que tu gagnes ainsi un siège sur les hauteurs de la sagesse.
Commence maintenant, considère de toutes tes forces de quelle manière chaque chose est claire. N'accorde pas à ta vue un trop grand crédit en comparaison de ton oreille, et n'estime pas ton oreille qui résonne au-dessus des claires instructions de ta langue ; et ne refuse ta confiance à aucune des autres parties de ton corps par lesquelles il y a un accès à l'intelligence ; mais considère toute chose de la manière qu'elle est claire. — R. P. 163.
(4) But, O ye gods, turn aside from my tongue the madness of those men. Hallow my lips and make a pure stream flow from them ! And thee, much-wooed, white-armed Virgin Muse, do I beseech that I may hear what is lawful for the children of a day ! Speed me on my way from the abode of Holiness and drive my willing car ! Thee shall no garlands of glory and honour at the hands of mortals constrain to lift them from the ground, on condition of speaking in thy pride beyond that which is lawful and right, and so to gain a seat upon the heights of wisdom.
IV) ἀλλὰ θεοὶ τῶν μὲν μανίην ἀποτρὲψατε γλώσσης, ἐκ δ' ὁσίων στομάτων καθαρὴν ὀχετεύσατε πηγήν. καὶ σέ, πολυμνήστη λευκώλενε παρθὲνε Μοῦσα, ἄντομαι, ὧν θέμις ἐστὶν ἐφημερίοισιν ἀκούειν, 5 πὲμπε παρ' Εὐσεβίης ἐλάουσ' εὐήνιον ἅρμα. μηδὲ σὲ γ' εὐδόξοιο βιήσεται ἄνθεα τιμῆς πρὸς θνητῶν ἀνελέσθαι, ἐφ' ὧι θ' ὁσίης πλὲον εἰπεῖν θάρσεϊ καὶ τὸτε δὴ σοφίης ἐπ' ἄίκροισι θοάζειν. ἀλλ' ἄγ' ἄθρει πάσηι παλάμηι, πῆι δῆλον ἕκαστον. 10 μήτε τι ὄψιν ἔχων πίστει πλὲον κατ' ἀκουιῆν ἀκοὴν ἐρίδουπον ὑπὲρ τρανώματα γλώσσης, μήτε τι τῶν ἄλλων, ὁπόσηι πόρος ἐστι νοῆσαι, γυίων πίστιν ἔρυκε, νόει θ' ἧι δῆλον ἕκαστον.

Go to now, consider with all thy powers in what way each thing is clear. Hold not thy sight in greater credit as compared with thy hearing, nor value thy resounding ear above the clear instructions of thy tongue; and do not withhold thy confidence in any of thy other bodily parts by which there is an opening for understanding, but consider everything in the way it is clear. R. P. 163.


5. Mais c'est toujours le fait des esprits bas de ne pas croire ceux qui valent mieux qu'eux. Apprends, toi, comme te l'ordonnent les sûrs témoignages de ma Muse, en divisant l'argument dans ton cœur.
(5) But it is ever the way of low minds to disbelieve their betters. Do thou learn as the sure testimonies of my Muse bid thee, dividing the argument in thy heart.
V) ἀλλὰ κακοῖς μὲν καρτὰ μέλει κρατέουσιν ἀπιστεῖν. ὡς δὲ παρ᾽ ἡμετέρης κέλεται πιστώματα Μούσης, γνῶθι διασσηθέντος ἐνὶ σπλάγχνοισι λόγοιο. τέσσαρα γὰρ πάντων ῥιζώματα πρῶτον ἄκουε· Ζεὺς ἀργὴς Ἥρη τε φερέσβιος ἠδ' Ἀιδωνεύς Νῆστίς, θ', δακρύοις τέγγει κρούνωμα βρότειον.

6. Apprends d'abord les quatre racines de toutes choses : Zeus qui brille, liera qui donne la vie, Aidoneus et Nestis, dont les larmes sont une fontaine de vie pour les mortels. — R. P. 164.
(6) Hear first the four roots of all things : shining Zeus, life-bringing Hera, Aidoneus, and Nestis whose tear-drops are a well-spring to mortals.
τέσσαρα γὰρ πάντων ῥιζώματα πρῶτον ἄκουε· Ζεὺς ἀργὴς Ἥρη τε φερέσβιος ἠδ' Ἀιδωνεύς Νῆστίς, θ', δακρύοις τέγγει κρούνωμα βρότειον.

7. ...incréé.
(7) uncreated.
ἀγένητα στοιχεῖα. παρ' Ἐμπεδοκλεῖ

8. Et je te dirai autre chose. Il n'est pas d'entrée à l'existence ni de fin dans la mort funeste, pour ce qui est périssable ; mais seulement un mélange et un changement de ce qui a été mélangé. Naissance n'est qu'un nom donné à ce fait par les hommes. — R. P. 165.
(8) And I shall tell thee another thing. There is no coming into being of aught that perishes, nor any end for it in baneful death ; but only mingling and change of what has been mingled. Coming into being is but a name given to these by men. R. P. 165.
VIII) ἄλλο δὲ τοι ἐρέω· φύσις οὐδενός ἐστιν ἁπάντων θνητῶν, οὐδέ τις οὐλομένου θανάτοιο τελευτή, ἀλλὰ μόνον μίξις τε διάλλαξίς τε μιγέντων ἐστί, φύσις δ' ἐπὶ τοῖς ὀνομάζεται ἀνθρώποισιν.

9. Mais quand les éléments ont été mélangés sous la figure d'un homme, et viennent à la lumière du jour, ou sous la figure d'une espèce de bêtes sauvages ou de plantes ou d'oiseaux, alors les hommes disent que ceux-ci naissent ; et quand ils sont séparés, ils donnent à cela le nom de mort douloureuse. Ils ne le nomment pas d'un nom juste ; mais, moi aussi, je suis la coutume et je l'appelle ainsi moi-même.
(9) But, when the elements have been mingled in the fashion of a man and conic to the light of day, or in the fashion of the race of wild beasts or plants or birds, then men say that these come into being; and when they are separated, they call that woeful death. They call it not aright; but I too follow the custom, and call it so myself.
IX) οἱ δ' ὅτε μὲν κατὰ φῶτα μιγέντ' εἰς αἰθὲρ' <κωνται> κατὰ θηρῶν ἀγροτὲρων γένος κατὰ θάμνων ἠὲ κατ' οἰωνῶν, τότε μὲν τὸ (λέγουσι) γενέσθαι· εὖτε δ' ἀποκρινθῶσι, τὰ δ' αὖ δυσδαίμονα πότμον· 5 θὲμις <οὐ> καλέουσι, νόμωι δ' ἐπίφημι καὶ αὐτός.

10. Mort vengeresse.
Avenging death.
X) θάνατον . . . ἀλοίτην.
.
11. 12. Fous - car ils n'ont pas de pensées étendues - qui s'imaginent que ce qui n'était pas auparavant vient à l'existence, ou que quelque chose peut périr et être entièrement détruit. Car il ne se peut pas que rien puisse naître de ce qui n'existe en aucune manière, et il est impossible et inouï que ce qui est doive périr ; car il sera toujours, en quelque lieu qu'on le place. R. P. 165 a.
(11, 12) Fools !—for   they have  no far-reaching thoughts—who deem that what before was  not comes into  being, or that aught can perish and be utterly destroyed.    For it cannot be that aught  can   arise from  what in   no  way  is,  and it  is impossible and unheard of that what is should perish ; for it will always be, wherever one may keep putting it.   R. P. 165 a.

13. Et dans le Tout, il n'y a rien de vide et rien de trop plein.
(13) And in the All there is naught empty and naught too full.

14. Dans le Tout, il n'y a rien de vide. D'où, par conséquent, pourrait venir quelque chose qui l'augmentât ?
(14) In the All there is naught empty.    Whence, then, could aught come to increase it ?

15. Un homme sage en ces matières ne supposerait jamais dans son cœur que les mortels ne sont et ne souffrent bien et mal qu'aussi longtemps qu'ils vivent ce qu'ils appellent leur vie, tandis qu'ils ne sont absolument rien avant d'avoir été formés et une fois dissous.— R. P. 165 a.
(15) A man who is wise in such matters would never surmise in his heart that as long as mortals live what they call their life, so long they are, and suffer good and ill ; while before they were formed and after they have been dissolved they are just nothing at all. R. P. 165 a.

16. Car vraiment ils (l'Amour et la Haine) étaient avant les temps, et ils seront ; et jamais, à ce que je crois, le temps infini ne sera vide de ce couple. — R. P. 166 c.
(16) For of a truth they (Strife and Love) were aforetime and shall be ; nor ever, methinks, will boundless time be emptied of that pair. R. P. 166 c.

17. Je vais t'annoncer un double discours. A un moment donné, l'Un se forma du Multiple ; en un autre moment, il se divisa et de l'Un sortit le Multiple. Il y a une double naissance des choses périssables et une double destruction. La réunion de toutes choses amène une génération à l'existence et la détruit ; l'autre croît et se dissipe quand les choses se séparent. Et ces choses ne cessent de changer continuellement de place, se réunissant toutes en une à un moment donné par l'effet de l'Amour, et portées à un autre moment en des directions diverses par la répulsion de la Haine. Ainsi, pour autant qu'il est dans leur nature de passer du Plusieurs à l'Un, et de devenir une fois encore Plusieurs quand l'Un est morcelé, elles entrent à l'existence, et leur vie ne dure pas. Mais, pour autant qu'elles ne cessent jamais d'échanger leurs places, dans cette mesure, elles sont toujours immobiles quand elles parcourent le cercle de l'existence.
Mais allons, écoute mes paroles, car c'est l'étude qui augmente la sagesse. Comme je le disais déjà auparavant, quand j'exposais le but de mon enseignement, je vais t'exposer un double discours. A un moment donné, l'Un se forma du Multiple, à un autre moment, il se divisa, et de l'Un sortit le Multiple — Feu, Eau et Terre et la hauteur puissante de l'Air ; la Plaine redoutée aussi, à part de ceux-ci, de poids égal à chacun, et l'Amour parmi eux, égal en longueur et en largeur; Contemple-le avec ton esprit, et ne reste pas assis, les yeux éblouis. C'est lui que nous savons implanté dans les membres des mortels ; c'est lui qui leur inspire des idées d'amour, et qui leur fait accomplir les travaux de la paix. Ils s'appellent des noms de Joie et d'Aphrodite. Aucun mortel ne l'a encore vu se mouvoir en cercle parmi eux, mais toi prête l'oreille à l'ordre de mon discours, qui ne trompe point.
Car tous ceux-ci sont égaux et de même âge ; cependant chacun a une prérogative différente et sa nature particulière. Et rien ne vient à l'existence à part eux, et ils ne périssent point ; car s'ils avaient péri continuellement, ils n'existeraient pas maintenant, et ce qui accroîtrait ce Tout, que serait-ce et d'où pourrait-il venir ? Comment, d'ailleurs, pourrait-il périr, puisqu'il n'y a aucun lieu vide de ces choses ? Ils sont ce qu'ils sont ; mais, courant les uns à travers les autres, ils deviennent tantôt ceci, tantôt cela, et toujours des choses analogues. — R. P. 166.
(17) I shall tell thee a twofold tale. At one time it grew to be one only out of many ; at another, it divided up to be many instead of one. There is a double becoming of perishable things and a double passing away. The coming together of all things brings one generation into being and destroys it ; the other grows up and is scattered as things become divided. And these things never cease continually changing places, at one time all uniting in one through Love, at another each borne in different directions by the repulsion of Strife. Thus, as far as it is their nature to grow into one out of many, and to become many once more when the one is parted asunder, so far they come into being and their life abides not. But, inasmuch as they never cease changing their places continually, so far they are ever immovable as they go round the circle of existence.
But come, hearken to my words,  for it is  learning that increaseth wisdom. As I said before, when I declared the heads of my discourse, I shall tell thee a twofold tale. At one time it grew together to be one only out of many, at another it parted asunder so as to be many instead of one;— Fire and Water and Earth and the mighty height of Air; dread Strife, too, apart from these, of equal weight to each, and Love among them, equal in length and breadth. Her do thou contemplate with thy mind, nor sit with dazed eyes. It is she that is known as being implanted in the frame of mortals. It is she that makes them have thoughts of love and work the works of peace. They call her by the names of Joy and Aphrodite. Her has no mortal yet marked moving round among them, but do thou attend to the undeceitful ordering of my discourse.
For all these are equal and alike in age, yet each has a different prerogative and its own peculiar nature. And nothing comes into being besides these, nor do they pass away ; for, if they had been passing away continually, they would not be now, and what could increase this All and whence could it come? How, too, could it perish, since no place is empty of these things? They are what they are ; but, running through one another, they become now this, now that, and like things evermore. R. P. 166.

18. Amour,
(18) Love

19. Amour enlaçant.
(19) Clinging Love.

20. Celui-ci (le conflit de l'Amour et de la Haine) est manifeste dans la masse des membres mortels. A un moment donné, tous les membres qui font partie du corps sont réunis par l'Amour au point culminant de la vie florissante ; à un autre moment, séparés pur la Haine cruelle, ils errent chacun pour soi sur les écueils de la mer de la vie. Il en est de même des plantes et des poissons qui ont leur demeure dans les eaux, des bêtes qui ont leurs repaires sur les collines, et des oiseaux de ruer, qui cinglent avec leurs ailes. — R. P. 173 d.
This (the contest of Love and Strife) is manifest in the mass of mortal limbs. At one time all the limbs that are the body's portion are brought together by Love in blooming life's high season ; at another, severed by cruel Strife, they wander  each alone by the breakers of life's sea. It is the same with plants and the fish that make their homes in the waters, with the beasts that have their lairs on the hills and the seabirds that sail on wings. R. P. 173 d.

21. Allons maintenant, contemple les choses qui portent témoignage pour mes discours précédents, s'il était vrai qu'il y eût quelque insuffisance quant à la forme dans ma première énumération. Considère le soleil, partout clair et chaud, et toutes les choses immortelles qui sont baignées dans la chaleur et dans l'éclat rayonnant. Considère la pluie, partout sombre et froide, et de la terre sortent des choses compactes et solides. Quand elles sont en lutte, elles sont toutes diverses de formes et séparées ; mais elles se réunissent dans l'amour, et se désirent mutuellement.
Car de celles-ci sont sorties toutes les choses qui furent, qui sont et qui seront — arbres, hommes et femmes, bêtes et oiseaux, et les poissons qui habitent dans l'eau, oui vraiment, et les dieux qui vivent de longues vies et sont grandement honorés. — R. P. 166 i.
Car ces choses sont ce qu'elles sont ; mais passant les unes à travers les autres, elles prennent des formes différentes — tellement le mélange les modifie. — R. P. 166 g.
Come now, look at the things that bear witness to my earlier discourse, if so be that there was any shortcoming as to their form in the earlier list. Behold the sun, everywhere bright and warm, and all the immortal things that are bathed in heat and bright radiance. Behold the rain, everywhere dark and cold ; and from the earth issue forth things close-pressed and solid. When they are in strife all these are different in form and separated ; but they come together in love, and are desired by one another.
For out of these have sprung all things that were and are and shall be — trees and men and women, beasts and birds and the fishes that dwell in the waters, yea, and the gods that live long lives and are exalted in honour.    R. P. 166 i.
For these things are what they are ; but, running through one another, they take different shapes — so much does mixture change them. R. P. 166 g.

22. Car tous ceux-ci — soleil, terre, ciel et mer — sont un avec toutes leurs parties, qui sont dispersées loin d'eux dans les choses mortelles. Et pareillement toutes les choses qui sont plus portées au mélange sont semblables les unes aux autres et unies dans l'amour par Aphrodite. Mais les choses qui diffèrent le plus quant à l'origine, au mélange, et aux formes qui leur sont imprimées, sont hostiles au plus haut point les unes aux autres, étant entièrement inaccoutumées à s'unir, et très tristes de l'ordre de la Haine, qui a donné lieu à leur naissance.
For all of these — sun, earth, sky, and sea — are at one with all their parts that are cast far and wide from them in mortal things. And even so all things that are more adapted for mixture are like to one another and united in love by Aphrodite. Those things, again, that differ most in origin, mixture and the forms imprinted on each, are most hostile, being altogether unaccustomed to unite and very sorry by the bidding of Strife, since it hath wrought their birth.

23. Quand les peintres peignent des tableaux pour être offerts dans les temples, les peintres que la sagesse a bien instruits de leur art — et qu'ils ont pris dans leurs mains des matières de couleurs variées, ils les mélangent dans la proportion due, plus de quelques-unes et moins des autres, et produisent par leur moyen des formes semblables à toutes choses, faisant des arbres et des hommes et des femmes, des bêtes et des oiseaux et des poissons qui demeurent dans les eaux, oui vraiment, et des dieux qui vivent de longues vies et sont grandement honorés — de même, ne laisse pas cette erreur prévaloir sur ton esprit : qu'il y ait quelque autre origine pour toutes les créatures périssables qui apparaissent en nombre infini. Sache cela, de source certaine, car tu en as entendu le récit d'une déesse.
(23) Just as when painters are elaborating temple-offerings, men whom wisdom hath well taught their art, — they, when they have taken pigments of many colours with their hands, mix them in due proportion, more of some and less of others, and from them produce shapes like unto all things, making trees and men and women, beasts and birds and fishes that dwell in the waters, yea, and gods, that .live long lives, and are exalted in honour, — so let not the error prevail over thy mind, that there is any other source of all the perishable creatures that appear in countless numbers.    Know this for sure, for thou hast heard the tale from a goddess.

24. Marchant de sommet en sommet, ne pas parcourir un sentier seulement jusqu'à la fin...
(24) Stepping from summit to summit, not to travel only one path to the end. . . .

25. Ce qui est juste peut bien être dit même deux fois.
What is right may well be said even twice.

26. Car ils prévalent alternativement dans la révolution du cercle, et passent les uns dans les autres, et deviennent grands selon le tour qui leur a été assigné. — R. P. 166 c.
Ils sont ce qu'ils sont, mais, passant les Uns à travers les autres, ils deviennent des hommes et des races d'animaux. A un moment, ils sont tous réunis en un seul ordre par l'Amour ; à un autre, ils sont poussés dans des directions différentes par la répulsion de la Haine, jusqu'à ce qu'ils se réunissent de nouveau en un, et soient complètement soumis. Mais, en tant qu'ils ont l'habitude de passer du Plusieurs en l'Un, et, de nouveau divisés, de devenir plus d'Un, ils viennent au jour, et leur vie n'est pas durable ; mais en tant qu'ils ne cessent jamais de se transformer continuellement, ils existent toujours, immuables dans le cercle.
(26) For they prevail in turn as the circle comes round, and pass into one another, and grow great in their appointed turn. R. P. 1 66 c.
They are what they are ; but, running through one another, they become men and the tribes of beasts.     At one time they are all brought together into one order by Love ; at another, they are carried each in different directions by the repulsion of Strife, till they grow once more into one and are wholly
subdued.     Thus in so far as they are wont to grow into one out of many, and again divided become more than one, so  far they come into being and their life is not lasting ; but in so far as they never cease changing continually, so far are they evermore, immovable in the circle.

27. On ne distingue ni les membres rapides du Soleil, ni la force velue de la Terre, ni la Mer, si fort le Dieu était lié dans l'étroite enveloppe de l'Harmonie, sphérique et rond, joyeux dans sa solitude circulaire. — R. P. 167.
There are distinguished neither the swift limbs of the sun, no, nor the shaggy earth in its might, nor the sea, — so fast was the god bound in the close covering of Harmony, spherical   and   round,   rejoicing   in   his   circular   solitude. R. P. 167.

27 a. Il n'y a ni discorde ni lutte inconvenante dans ses membres.
There is no discord and no unseemly strife in his limbs.

28. Mais il était égal en tous sens, et tout à fait infini, sphérique et rond, joyeux dans sa solitude circulaire.
(28) But he was equal on every side and quite without end, spherical and round, rejoicing in his circular solitude.

29. Deux branches ne naissent pas de son dos ; il n'a pas de pieds, pas de genoux rapides, pas de parties génitales ; mais il était sphérique et égal en tous sens.
Two branches do not spring from his back, he has no feet, no swift knees, no fruitful parts ; but he was spherical and equal on every side.

30. 31. Mais quand la Haine fut devenue grande dans les membres du dieu et se déchaîna pour réclamer ses prérogatives dans l’accomplissement du temps alterné, qui leur était assigné par le puissant serment... car tous les membres du dieu furent ébranlés les uns après les autres. — R. P. 107.
But when Strife was grown great in the limbs of the god and sprang forth to claim his prerogatives, in the fulness of the alternate time set for them by the mighty oath, . . . for all the limbs of the god in turn quaked. R P. 167.

32. La jointure lie deux choses.
(32) The joint binds two things.

33. De même que lorsque la sève du figuier fait cailler et lie le blanc lait...
(33) Even as when fig juice rivets and binds white milk. . . .

34. Agglutinant = la farine avec de l'eau.
(34) Cementing  meal with water...

35, 36. Mais je vais maintenant reporter mes pas sur les sentiers du chant, que j'ai parcourus auparavant, tirant de mon discours un nouveau discours. Quand la Haine fut tombée au plus profond abîme du tourbillon, et que l'Amour en eut atteint le centre, toutes les choses se réunirent en lui, pour n'être qu'Une seulement ; non pas toutes à la fois, mais en se réunissant selon leur volonté, l'une venant d'une direction, l'autre de l'autre ; et quand elles se furent mélangées, d'innombrables tribus de créatures mortelles furent ça et là répandues. Bien des choses, cependant, restèrent non mélangées, alternant avec celles qui se mélangeaient, à savoir toutes les choses que la Haine tenait en suspens ; car elle ne s'était pas encore entièrement retirée d'elles jusqu'aux limites extrême du cercle. Pour une part, elle restait encore à l'intérieur ; pour une autre, elle était sortie des membres du Tout. Mais, dans la mesure où elle continuait à se répandre au dehors, un doux et immortel courant d'irréprochable Amour continuait à affluer au dedans, et aussitôt devenaient mortelles ces choses qui auparavant avaient été immortelles ; et ces choses étaient mélangées, qui avaient été non mélangées, chacune changeant de sentier. Et à mesure; qu'elles se mélangeaient, des tribus innombrables de créatures mortelles étaient ça et là répandues, douées de toutes espèces de formes, merveilleux spectacle à contempler. — R. P. 169.
But now I shall retrace my steps over the paths of song that I have travelled before, drawing from my saying a new saying. When Strife was fallen to the lowest depth of the vortex, and Love had reached to the centre of the whirl, in it do all things come together so as to be one only ; not all at once, but coming together at their will each from different quarters ; and, as they mingled, countless tribes of mortal creatures were scattered abroad. Yet many things remained unmixed, alternating with the things that were being mixed, namely, all that Strife not fallen yet retained ; for it had not yet altogether retired perfectly from them to the outermost boundaries of the circle. Some of it still remained within, and some had passed out from the limbs of the All. But in proportion as it kept rushing out, a soft, immortal stream of blameless Love kept running in, and straightway those things became mortal which had been immortal before, those things were mixed that had been unmixed, each changing its path. And, as they mingled, countless tribes of mortal creatures were scattered abroad endowed with all manner of forms, a wonder to behold. R. P. 169.

37. La Terre accroît sa propre masse, et l'Air enfle le volume de l'Air.
(37) Earth increases its own mass, and Air swells the bulk of Air.

38. Allons, je vais maintenant te dire en tout premier lieu le commencement du Soleil, et les sources d'où ont jailli toutes les choses que nous voyons maintenant, la Terre et la Mer aux flots nombreux, la Vapeur humide, et l'Air, ce Titan qui lié fortement son cercle autour de toutes choses. — R. P. 170 a.
Come, I shall now tell thee first of all the beginning of the sun, and the sources from which have sprung all the things we now behold, the earth and the billowy sea, the damp vapour and the Titan air that binds his circle fast round all things. R. P. 170 a.

39. Si les profondeurs de la Terre et le vaste Air étaient infinis, parole vaine qui s'est échappée des lèvres de beaucoup de mortels, quoiqu'ils n'aient vu qu'une faible partie du Tout… R. P. 103 b.
(39) If the depths of the earth and the vast air were infinite, a foolish saying which has been vainly dropped from the lips of many mortals, though they have seen but a little of the All. . .

40. Le Soleil, aux traits acérés, et la douce Lune.
(40) The sharp-darting sun and the gentle moon.

41. Mais (la lumière du soleil) est rassemblée et circule autour du vaste ciel.
But (the sunlight) is gathered together and circles round the mighty heavens.

42. Et elle lui coupe ses rayons quand il passe au-dessus d'elle, et elle projette son ombre sur une aussi grande partie de la Terre que le comporte la largeur de la Lune au pâle visage.
And she cuts off his rays as he goes above her, and casts a shadow on as much of the earth as is the breadth of the pale-faced moon.

43. Le rayon de soleil, lui aussi, ayant frappé le large et puissant cercle de la Lune, se retourne aussitôt et repart pour atteindre le firmament.
(43) Even so the sunbeam, having struck the broad and mighty circle of the moon, returns at once, running so as to reach the sky.

44. Il repart en arrière vers l'Olympe, d'un visage exempt de crainte. — R. P. 170 c.
(44) It flashes back to Olympos with untroubled countenance. R. P. 170 c.

45. 46. Une lumière ronde et empruntée circule autour de la Terre, comme le moyeu de la roue autour du (but) le plus éloigné.
(45, 46) There circles round the earth a round borrowed light, as the nave of the wheel circles round the furthest (goal).

47. Car elle regarde à l'opposé le cercle sacré du Soleil-roi.
(47) For she gazes at the sacred circle of the lordly sun opposite.

48. C'est la Terre qui fait la  nuit en passant devant la lumière.
(48) It is the earth that makes night by coming before the lights.

49. De la nuit solitaire, aux yeux aveugles.
(49) ...  of solitary, blind-eyed night.

50. Et Iris apporte de la mer le vent ou une pluie abondante.
(50) And Iris bringeth wind or mighty rain from the sea.

51. (Le feu) qui se précipite en haut...
(Fire) swiftly rushing upwards .  . .

52. Et beaucoup de feux brûlent au-dessous de la Terre. — R. P. 171 a.
And many fires burn beneath the earth.    R. P. 171 a.

53. Car, comme elle courait, elle les rencontra à cette époque, quoique souvent autrement. — R. P. 171 a.
(53) For so as it ran, it met them at that time, though often otherwise.  

54. Mais l'air s'affaissa sur la terre avec ses longues racines. - R. P. 171.
(54) But the air sank down upon the earth with its long roots. R. P. 171 a.

55. La Mer, sueur de la Terre. — R. P. 170 b.
(55) Sea the sweat of the earth.    R. P. 170 b.

56. Le sel fut solidifié par le choc des rayons du soleil.
(56) Salt was solidified by the impact of the sun's beams.

57. Sur elle (la Terre) naquirent beaucoup de têtes sans cous, et des bras erraient nus et privés d'épaules. Des yeux vaguaient dépourvus de fronts. — R. P. 173.
(57) On it (the earth) many heads sprung up without necks and arms wandered bare and bereft of shoulders. Eyes strayed up and down in want of foreheads. R. P. 173 a.

58. Des membres solitaires erraient, cherchant à s'unir.
(58) Solitary limbs wandered seeking for union.

59. Mais quand, au Dieu, le Dieu se fut mélangé dans une plus forte proportion, ces choses se réunirent au hasard de leurs rencontres, et beaucoup d'autres choses naquirent continuellement à part elles.
(59) But, as divinity was mingled still further with divinity, these things joined together as each might chance, and many other things besides them continually arose.

60. Des créatures à la démarche traînante, avec des mains innombrables.
(60) Shambling creatures with countless hands.

61. Beaucoup de créatures naquirent avec des faces et des poitrines regardant en différentes directions ; quelques-unes, progéniture de bœufs à face d'hommes, taudis que d'autres, au contraire, venaient au monde, progéniture d'hommes à têtes de bœufs, et des créatures en qui la nature des hommes et des femmes était mélangée, et pourvues de parties stériles. — R. P. 173 b.
(61) Many creatures with faces and breasts looking in different directions were born ; some, offspring of oxen with faces of men, while others, again, arose as offspring of men with the heads of oxen, and creatures in whom the nature of women and men was mingled, furnished with sterile parts.    

62. Allons, écoute maintenant comment le Feu quand il fut séparé, fit surgir les rejetons des hommes nés de la nuit et les femmes aux larmes abondantes ; car mon discours ne s'écarte pas du but et n'est point dépourvu de sagesse. Des types entièrement formés naquirent d'abord de la terre, ayant une portion à la fois d'eau et de feu. Ces types, ce fut le Feu qui les fit surgir, désireux d'atteindre son semblable ; mais ils ne montraient encore ni la forme charmante des membres féminins ni la voix et les parties qui sont propres aux hommes, - R. P. 173 c.
(62) Come now, hear how the Fire as it was separated caused the night-born shoots of men and tearful women to arise; for my tale is not off the point nor uninformed. Whole-natured forms first arose from the earth, having a portion both of water and fire. These did the fire, desirous of  reaching its like, send up, showing as yet neither the charming form of women's limbs, nor yet the voice and parts that are proper to men. R. P. 173 c.

63. ...Mais la substance des membres (de l'enfant) est entre eux, en partie dans (le corps) de l'homme, en partie celui de la femme.
(63) .  .  .  But the substance of (the child's) limbs is divided between them, part of it in men's and part in women's (body).

64. Et sur lui vint le désir, qui l'excitait par la vue.
(64) And upon him came desire reminding him through sight.

65. ...Et il fut répandu dans les parties pures, et quand il se rencontra avec le froid, des femmes en naquirent.
(65) .  . . And it was poured out in the pure parts; and when it met with cold women arose from it.

66. ...Dans les pelouses fendues d'Aphrodite.
(66) The divided meadows of Aphhrodite.

67. Car dans sa partie la plus chaude, le sein de la femme produit des mâles, et c'est pourquoi les hommes ont le teint foncé sont plus virils et plus velus.
(67) For in its warmer part the womb brings forth males, and that is why men are dark and more manly and shaggy.

68. Au dixième jour du huitième mois, se produit la putréfaction blanche.
(68) On the tenth day of the eighth month the white putrefaction arises.

69. Qui porte doublement.
Double bearing.

70. Peau de brebis.
Sheepskin.

71. Mais si ta certitude touchant ces choses était encore en quelque mesure imparfaite sur la question de savoir comment, de l'eau et de la terre, de l'air et du feu mélangés ensemble, sortirent les formes et les couleurs de toutes ces choses mortelles qui ont été agencées par Aphrodite, et viennent ainsi au jour...
(71) But   if  thy   assurance   of  these   things  was   in  any way deficient as to how, out of Water and Earth and Air and Fire mingled  together,  arose the forms and colours of all those mortal things that have been fitted together by Aphrodite, and so are now come into being. . . .

72. Comment les grands arbres et les poissons dans la mer.
(72) How tall trees and the fishes in the sea . .  .

73. Et de même qu'en ce temps Cypris, préparant la chaleur, après avoir humecté la terre dans l'eau, la donna au feu rapide pour la durcir... — R. P. 171.
(73) And even as at that time Kypris, preparing warmth, after she had moistened the Earth in water, gave it to swift fire to harden it. ... R. P. 171.

74. Conduisant le peuple sans voix des poissons féconds.
(74) Leading the songless tribe of fertile fish.

75. Tous, parmi ceux qui sont denses à l'intérieur et rares à l'extérieur, ayant reçu des mains de Cypris une humidité de cette espèce...
(75) All of those which are dense within and rare without, having received a moisture of this kind at the hands of Kypris. . .

76. Cela, tu peux le constater dans les coquillages au dos pesant, qui vivent dans la mer, dans les buccins et dans les tortues à la carapace de pierre. En eux, tu peux voir que la matière terreuse se tient à l'extrême surface.
(76) This thou mayest see in the heavy-backed shell-fish that dwell in the sea, in sea-snails and the stony-skinned turtles. In them thou mayest see that the earthy part dwells on the uppermost surface.

77-78. C'est l'air qui fait que les arbres toujours verts fleurissent avec abondance de fruits durant toute l'année.
(77-78) It is the air that makes evergreen trees flourish with abundance of fruit the whole year round.

79. Et ainsi, premiers de tous les grands arbres, les oliviers portent des œufs...
(79) And so first of all tall olive trees bear eggs.  .  .

80. A cause de quoi les grenades sont lentes à mûrir, et les pommes sont succulentes.
Wherefore pomegranates are late-born and apples succulent.

81. Le vin est l'eau de l'écorce, putréfiée dans le bois.
(81) Wine is the water from the bark, putrefied in the wood.

82. Les poils et les feuilles, les plumes épaisses des oiseaux, et les écailles qui croissent sur les membres puissants, sont la même chose.
(82) Hair and leaves, and thick feathers of birds, and the scales that grow on mighty limbs, are the same thing.

83. Mais les poils des hérissons sont acérés et se raidissent sur leur dos.
(83) But the hair of hedgehogs is sharp-pointed and bristles on their backs.

84. Et de même qu'un homme qui se propose de sortir par une nuit orageuse se munit d'une lanterne, flamme de feu brillant, autour de laquelle il dispose des plaques de corne pour écarter d'elle toute espèce de vent, et que ces plaques brisent le souffle des vents qui règnent, mais que la lumière qui pénètre à travers elles brille sur le seuil de ses rayons infatigables, dans la mesure où elle est plus fine ; de même il (l'Amour) a capté le feu primitif, la pupille ronde, enveloppée de membranes et de tissus délicats, qui sont percés partout de passages merveilleux. Ils écartent l'eau profonde qui entoure la pupille, mais ils laissent passer le feu, dans la mesure où il est plus fin. — R. P. 177 b.
(84) And even as when a man thinking to sally forth through a stormy night, gets him ready a lantern, a flame of blazing fire, fastening to it horn plates to keep out all manner of winds, and they scatter the blast of the winds that blow, but the light leaping out through them, shines across the threshold with unfailing beams, as much of it as is finer ; even so did she (Love) then entrap the elemental fire, the round pupil, confined within membranes and delicate tissues, which are pierced through and through with wondrous passages. They keep out the deep water that surrounds the pupil, but they let through the fire, as much of it as is finer. R. P. 177 b.

85. Mais la douce flamme (de l'œil) n'a qu'une faible portion de terre.
(85) But the gentle flame (of the eye) has but a scanty portion of earth.

86. De ceux-ci, la divine Aphrodite façonna les yeux infatigables.
(86) Out of these divine Aphrodite fashioned unwearying eyes.

87. Aphrodite, unissant ceux-ci avec les rivets de l'amour.
(87) Aphrodite fitting these together with rivets of love.

88. Une seule vision est produite par les deux yeux.
(88) One vision is produced by both the eyes.

89. Sache que des effluences s'écoulent de toutes les choses qui sont nées. — R. P. 166 h.
(89) Know that effluences flow from all things that have come into being.    R. P. 166 h.

90. Ainsi le doux s'empare du doux, et l'amer se précipite sur l'amer ; l'acide va à la rencontre de l'acide, et le chaud s'accouple avec le chaud.
(90) So sweet lays hold of sweet, and bitter rushes to bitter ; acid comes to acid, and warm couples with warm.

91. L'eau s'associe mieux avec le vin, mais elle ne veut pas (se mélanger) avec l'huile. — R. P. 166 h,
Water fits better into wine, but it will not (mingle) with oil. R. P. 1 66 h.

92. Le cuivre mélangé à l'étain.
Brass mixed with tin.

93. La baie du glauque sureau est mélangée de pourpre.
The berry of the blue elder is mingled with scarlet.

94. Et la couleur noire, au fond d'une rivière, provient de l'ombre. La même chose se voit dans les cavernes creuses.
(94) And the black colour at the bottom of a river arises from the shadow. The same is seen in hollow caves.

95. Depuis qu'ils (les yeux) furent unis pour la première fois dans les mains de Cypris.
(95) Since they (the eyes) first grew together in the hands of Kypris.

96. La Terre bienveillante reçut dans ses vastes cavités deux parts sur huit de la brillante Nestis, et quatre d'Héphaistos. Ainsi naquirent les os blancs, divinement ajustés ensemble par le ciment de l'harmonie. — R. P. 175.
(96) The kindly earth received in its broad funnels two parts of gleaming Nestis out of the eight, and four of Hephaistos. So arose white bones divinely fitted together by the cement of proportion. R. P. 175.

97. L'épine dorsale (fut brisée).
(97) The spine (was broken).

98. Et la Terre, jetant l'ancre dans les ports parfaits d'Aphrodite, se rencontre avec ceux-ci dans des proportions à peu près égales ; avec Héphaistos, l'eau et l'air brillant — soit en prédominance légère, soit en quantité moins grande. De ces choses naquirent le sang et les multiples formes de chair. — R. P. 175 c.
And   the   earth,   anchoring   in   the   perfect   harbours   of Aphrodite,   meets   with   these   in   nearly  equal proportions, with Hephaistos and Water and gleaming Air—either a little more of it, or less of them and more of it. From these did blood arise and the manifold forms of flesh. R. P. 175 c.

99. La cloche... rameau charnu (de l'oreille).
(99) The bell . . . the fleshy sprout (of the ear).

100. Ainsi toutes choses inspirent le souffle et l'expirent. Toutes ont des tuyaux de chair, dépourvus de sang, étendus sur la surface de leurs corps ; et à leurs embouchures, la surface extrême de la peau est percée partout de pores étroitement serrés, de sorte qu'ils retiennent le sang, mais laissent libre passage à l'air. Quand donc le sang clair s'en retire, l'air bouillonnant s'y précipite en flots impétueux, pour être expiré de nouveau quand le sang revient. De même, quand une jeune fille, jouant avec une clepsydre d'airain brillant, place l'orifice du tuyau sur sa gracieuse main, et plonge la clepsydre dans le flot argentin de l'eau qui cède, — le flot ne pénètre pas alors dans le vase, mais la masse d'air qui y est renfermé, pressant contre les trous étroits, le retient jusqu'à ce que la jeune fille découvre (délivre) le courant comprimé ; alors l'air s'échappe et un volume égal d'eau fait son entrée, — exactement de la même manière, quand l'eau occupe les profondeurs du vase d'airain, et que l'ouverture et le passage sont tenus fermés par la main humaine, l'air extérieur, cherchant à entrer, retient en pressant sur sa surface l'eau aux portes du col qui fait entendre un bruit sourd ; jusqu'à ce qu'elle (la jeune fille) retire sa main. Alors, juste dans le sens opposé à ce qui se passait auparavant, l'air se précipite à l'intérieur, et un volume d'eau égal s'échappe pour lui faire place. Pareillement, quand le sang clair, qui s'agite à travers les veines, reflue à l'intérieur, le flux d'air entre avec un bruit violent, mais quand le sang fait retour, l'air est expiré en quantité égale.
Thus do all things draw breath and breathe it out again. All have bloodless tubes of flesh extended over the surface of their bodies; and at the mouths of these the outermost surface of the skin is perforated all over with pores closely packed together, so as to keep in the blood while a free passage is cut for the air to pass through. Then, when the thin blood recedes from these, the bubbling air rushes in with an impetuous surge; and when the blood runs back it is breathed out again. Just as when a girl, playing with a water-clock of shining brass, puts the orifice of the pipe upon her comely hand, and dips the water-clock into the yielding mass of silvery water,—the stream does not then flow into the vessel, but the bulk of the air inside, pressing upon the close-packed perforations, keeps it out till she uncovers the compressed stream; but then air escapes and an equal volume of water runs in,—just in the same way, when water occupies the depths of the brazen vessel and the opening and passage is stopped up by the human hand, the air outside, striving to get in, holds the water back at the gates of the ill-sounding neck, pressing upon its surface, till she lets go with her hand. Then, on the contrary, just in the opposite way to what happened before, the wind rushes in and an equal volume of water runs out to make room. Even so, when the thin blood that surges through the limbs rushes backwards to the interior, straightway the stream of air comes in with a rushing swell; but when the blood returns the air breathes out again in equal quantity.

101. (Le chien) flairant avec son nez les particules des membres d'animaux, et l'exhalaison de leurs pieds, qu'ils laissent dans l'herbe tendre.
(101) (The dog) with its nostrils tracking out the fragments of the beast's limbs, and the breath from their feet that they leave in the soft grass.

102. Ainsi toutes choses ont leur part de souffle et d'odeur.
(102) Thus all things have their share of breath and smell.

103. 104. Ainsi toutes choses pensent de par la volonté de la Fortune… Et pour autant que les choses les moins denses se sont unies dans leur chute.
(103, 104) Thus have all things thought by fortune's will. . . . And inasmuch as the rarest things came together in their fall.

105. (Le cœur), demeurant dans la mer de sang qui coule dans des directions opposées, où réside principalement ce que les hommes appellent pensée ; car le sang qui entoure le cœur est la pensée des hommes. — R. P. 178 a.
(105) (The heart), dwelling in the sea of blood that runs in opposite directions, where chiefly is what men call thought; for the blood round the heart is the thought of men. R. P. 178 a.

106. Car la sagesse des hommes s'accroît en proportion de ce qu'ils ont devant eux. — R. P. 177.
(106) For the wisdom of men grows according to what is before them. R. P. 177.

107. Car de celle-ci, toutes choses sont formées et ajustées ensemble, et c'est par elles que les hommes pensent et sentent plaisir et peine. — R. P. 178.
(107) For out of these are all things formed and fitted together, and   by these   do   men   think and  feel pleasure  and pain. R. P. 178.

108. Dans la mesure où ils (les hommes) deviennent différents, des pensées différentes se présentent toujours à leurs esprits (en songe). — R. P. 177 a.
(108) And just so far as they grow to be different, so far do different thoughts ever present themselves to their minds (in dreams). R. P. 177 a.

109. Car c'est avec la terre que nous voyons la terre, et avec l'eau que nous voyons l'eau ; par l'air, nous voyons l'air brillant, par le feu le feu dévorant. C'est par l'amour que nous voyons l'Amour, et par la funeste haine que nous voyons la Haine. — R. P. 176.
(109) For it is with earth that we see Earth, and Water with water; by air we see bright Air, by fire destroying Fire. By love do we see Love, and Hate by grievous hate. R. P. 176.

110. Car si, appuyé sur ton ferme esprit, tu contemples ces choses dans une bonne intention et avec un soin irréprochable, alors tu auras toutes ces choses en abondance ta vie durant, et tu en gagneras encore beaucoup d'autres par elles. Car ces choses croissent d'elles-mêmes dans ton cœur, où est le vrai caractère de chaque homme. Mais si tu aspires à des choses d'autre nature, comme c'est l'habitude des hommes, alors une foule innombrable de maux t'attendent, pour émousser tes pensées. Bientôt ces choses t'abandonneront, quand le temps aura fait sa révolution ; car elles aspirent à retourner une fois de plus à leur propre nature ; car sache que toutes choses ont de la sagesse et une part à la pensée.
For if, supported on thy steadfast mind, thou wilt contemplate these things with good intent and faultless care, then shalt thou have all these things in abundance throughout thy life, and thou shalt gain many others from them. For these things grow of themselves into thy heart, where is each man's true nature. But if thou strivest after things of another kind, as is the way with men, ten thousand woes await thee to blunt thy careful thoughts. Soon will these things desert thee when the time comes round ; for they long to return once more to their own kind; for know that all things have wisdom and a share of thought.

111. Et tu apprendras à connaître tous les médicaments qui son une défense contre les maux de la vieillesse, car c'est pour toi seul que je veux accomplir tout cela. Tu arrêteras la violence des vents infatigables qui s'élèvent et de leurs souffles détruisent les campagnes, et de nouveau, si tu le désires, tu ramèneras leurs souffles en arrière. Tu procureras aux hommes une sécheresse opportune après les sombres pluies, et de nouveau tu changeras la sécheresse de l'été en pluies qui nourrissent les arbres quand elles tombent du ciel. Tu ramèneras de l'Hadès la vie d'un homme mort.
And thou shalt learn all the drugs that are a defence against ills and old age; since for thee alone will I accomplish all this. Thou shalt arrest the violence of the weariless winds that arise and sweep the earth; and again, when thou so desirest, thou shalt bring back their blasts with a rush. Thou shalt cause for men a seasonable drought after the dark rains, and again thou shalt change the summer drought for streams that feed the trees as they pour down from the sky. Thou shalt brine back from Hades the life of a dead man.


Purifications.

112. Amis qui habitez la grande ville dont les regards plongent sur les jaunes rochers d'Akragas, en haut près de la citadelle, empressés aux bonnes œuvres, ports d'honneur pour l'étranger, hommes qui ne connaissez pas la bassesse, salut à vous ! Je marche parmi vous en dieu immortel, n'étant plus mortel maintenant, honoré parmi tous comme il convient, couronné de bandelettes et de guirlandes de fleurs. Dès que, avec ces (adorateurs), hommes et femmes, je fais mon entrée dans les villes florissantes, des hommages me sont témoignés ; ils me suivent en foule innombrable, me demandant quelle est la voie du gain ; quelques-uns désirent des oracles, tandis que d'autres, qui ont été blessés par les douloureux aiguillons de toutes sortes de maladies, désirent entendre de moi le mot qui sauve. — R. P. 162 f.
(112) Friends, that inhabit the great town looking down on the yellow rock of Akragas, up by the citadel, busy in goodly works, harbours of honour for the stranger, men unskilled in meanness, all hail. I go about among you an immortal god, no mortal now, honoured among all as is meet, crowned with fillets and flowery garlands. Straightway, whenever I enter with these in my train, both men and women, into the flourishing towns, is reverence done me ; they go after me in countless throngs, asking of me what is the way to gain ; some desiring oracles, while some, who for many a weary day have been pierced by the grievous pangs of all manner of sickness, beg to hear from me the word of healing. R. P. 162 f.

113. Mais pourquoi m'arrêter là-dessus, comme si c'était quelque chose de grand que de surpasser les hommes mortels et périssables ?
But why do I harp on these things, as if it were any great matter that I should surpass mortal, perishable men ?

114. Amis, je sais que la vérité réside dans les paroles que je vais prononcer, mais elle est difficile pour les hommes, et ils sont jaloux de l'assaut de la croyance sur leurs âmes.
Friends, I know indeed that truth is in the words I shall utter, but it is hard for men, and jealous are they of the assault of belief on their souls.

115. Il y a un oracle de la Nécessité, une antique ordonnance des dieux, éternelle et fortement scellée par de larges serments : si jamais l'un des démons, qui ont obtenu du sort de longs jours, a souillé criminellement ses mains de sang, ou a suivi la Haine et s'est parjuré, il doit errer trois fois dix mille ans loin des demeures des bienheureux, naissant dans le cours du temps sous toutes sortes de formes mortelles, et changeant un pénible sentier de vie contre un autre. Car l'Air puissant le pousse dans la Mer, et la Mer le vomit sur la Terre aride ; la Terre le projette dans les rayons du brillant Soleil, et celui-ci le renvoie dans les tourbillons de l'Air. L'un le reçoit de l'autre, et tous le rejettent. Je suis maintenant l'un de ceux-ci, un banni et un homme errant loin des dieux, car je mettais ma confiance dans la Haine insensée. — R. P. 181.
There is an oracle of Necessity, an ancient ordinance of the gods, eternal and sealed fast by broad oaths, that whenever one of the daemons, whose portion is length of days, has sinfully polluted his hands with blood, or followed strife and forsworn himself, he must wander thrice ten thousand years from the abodes of the blessed, being born throughout the time in all manners of mortal forms, changing one toilsome path of life for another. For the mighty Air drives him into the Sea, and the Sea spews him forth on the dry Earth; Earth tosses him into the beams of the blazing Sun, and he flings him back to the eddies of Air. One takes him from the other, and all reject him. One of these I now am, an exile and a wanderer from the gods, for that I put my trust in insensate strife. R. P. 181.

116. Charis a horreur de l'intolérable Nécessité.
(116) Charis loathes intolerable Necessity.

117. Car j'ai été autrefois un jeune garçon et une jeune fille, un buisson et un oiseau, et un poisson muet dans la mer. — R. P. 182.
For I have been ere now a boy and a girl, a bush and a bird and a dumb fish in the sea. R. P. 182.

118. Je pleurai et je me lamentai quand je vis le pays, qui ne m'était pas familier. — R. P. 182.
(118) I wept and I wailed when I saw the unfamiliar land. R. P. 182.

119. De quels honneurs, de quelle hauteur de félicité suis-je tombé pour errer ici sur terre parmi les mortels !
From what honour, from what a height of bliss have I fallen to go about among mortals here on earth.

120. Nous sommes venus sous cette caverne…
(120) We have come under this roofed-in cave.

121. ...le pays sans joie, où sont la Mort et la Colère, et des bandes de Kères et les Fléaux qui dessèchent, et la Pourriture et les Flots rôdent dans l'obscurité sur la prairie d'Atè.
. . . the joyless land, where are Death and Wrath and troops of Dooms besides; and parching Plagues and Rottennesses and Floods roam in darkness over the meadow of Ate.

122. 123. Là étaient Chtoniè et Heliope dont la vue s'étend au loin, la sanglante Discorde et l'Harmonie au doux regard, Kallisto et Aischrè, la Hâte et la Lenteur, l'aimable Vérité et l'Incertitude aux noirs cheveux ; la Naissance et le Dépérissement ; le Sommeil et la Veille, le Mouvement et l'Immobilité ; la Grandeur couronnée et la Bassesse, le Silence et la Parole. — R. P. 182 a.
(122, 123) There were Chthonie and far-sighted Heliope, bloody Discord and gentle-visaged Harmony, Kallisto and Aischre, Speed and Tarrying, lovely Truth and dark-haired Uncertainty, Birth   and Decay,  Sleep and Waking,  Movement and Immobility, crowned Majesty and Meanness, Silence and Voice.

124. Malheur à toi, misérable race des Mortels, deux fois maudite : de quelles luttes et de quels gémissements vous êtes nés !
Alas, O wretched race of mortals, twice unblessed : such are the strifes and groanings from which ye have been born !

125. De créatures vivantes, il les fit mortes, en changeant leurs formes.
From living creatures he made them dead, changing their forms.

126. (La Divinité) les revêtant d'une étrange enveloppe de chair.
(126) (The goddess) clothing them with a strange garment of flesh.

127. Parmi les animaux, ils deviennent des lions, qui font leur repaire sur les collines, et leur gîte sur le sol ; et des lauriers parmi les arbres au beau feuillage. — R. P. 181 b.
Among beasts they become lions that make their lair on the hills and their couch on the ground ; and laurels among trees with goodly foliage. R. P. 181 b.

128. Ils n'avaient pas encore Ares pour dieu, ni Kydoimos, ni non plus le roi Zeus, ni Kronos ni Poséidon, mais Cypris, la reine... Ils se la rendaient propice par de pieux présents, par des figures peintes et des encens au subtil parfum, par des offrandes de myrrhe pure et des baumes à la douce senteur, répandant sur le sol des libations de miel brun. Et l'autel ne ruisselait pas du sang pur des taureaux, mais c'était parmi les hommes le plus grand crime que de dévorer leurs nobles membres après leur avoir arraché la vie. — R. P. 184.
(128) Nor had they any Ares for a god nor Kydoimos, no nor King Zeus nor Kronos nor Poseidon, but Kypris the Queen. . . . Her did they propitiate with holy gifts, with painted figures and perfumes of cunning fragrancy, with offerings of  pure myrrh and sweet-smelling frankincense, casting on the ground libations of brown honey. And the altar did not reek with pure bull's blood, but this was held in the greatest abomination among men, to eat the goodly limbs after tearing out the life. R. P. 184.

129. Et il y avait parmi eux un homme d'un rare savoir, versé au plus haut point en toute espèce d'œuvres sages, un homme qui avait acquis la plus grande richesse en connaissances ; car lorsqu'il tendait les forces de son esprit, il voyait facilement chacune des choses qui sont en dix, en vingt vies d'hommes.
And there was among them a man of rare knowledge, most skilled in all manner of wise works, a man who had won the utmost wealth of wisdom ; for whensoever he strained with all his mind, he easily saw everything of all the things that are, in ten, yea, twenty lifetimes of men.

130. Car toutes (les créatures) étaient apprivoisées et douces aux hommes, tant les bêles que les oiseaux, et la flamme de la bienveillance brillait partout - R, P. 184 a.
For all things were tame and gentle to man, both beasts and birds, and friendly feelings were kindled everywhere. R. P. 184 a.

131. Si jamais, quoiqu'il s'agit de choses d'un jour, Muse immortelle, tu as daigné prendre connaissance de mes efforts, assiste-moi encore une ibis, je t'en supplie, ô Calliope, car je profère une pure doctrine sur les dieux bienheureux. — R. P, 179.
If ever, as regards the things of a day, immortal Muse, thou didst deign to take thought for my endeavour, then stand by me once more as I pray to thee, O Kalliopeia, as I utter a pure discourse concerning the blessed gods. R. P. 179.

132. Béni est l'homme qui a acquis le trésor de la divine sagesse ; malheureux celui qui n'a dans le cœur qu'une opinion confuse sur les dieux. — R. P. 179.
(132) Blessed is the man who has gained the riches of divine wisdom ; wretched he who has a dim opinion of the gods in his heart. R. P. 179.

133. Il ne nous est pas possible de placer Dieu devant nos yeux, ou de le saisir de nos mains, ce qui est la voie de persuasion la plus large qui conduise dans le cœur de l'homme.
(133) It is not possible for us to set God before our eyes, or to lay hold of him with our hands, which is the broadest way of persuasion that leads into the heart of man.

134. Car son corps n'est pas pourvu d'une tête humaine ; deux rameaux ne s'élancent pas de ses épaules ; il n'a pas de pieds, pas de genoux agiles, pas de parties velues ; il est seulement un esprit sacré et ineffable, dont les pensées rapides traversent le monde entier comme des éclairs. — R. P. 180.
(134) For he is not furnished with a human head on his body, two branches do not sprout from his shoulders, he has no feet, no swift knees, nor hairy parts ; but he is only a sacred and unutterable mind flashing through the whole world with rapid thoughts. R. P. 180.

135. Cela n'est pas légitime pour quelques-uns et illégitime pour d'autres ; mais la loi s'étend partout pour tous, à travers l'air qui règne au loin et l'infinie lumière du ciel. — R. P. 183.
This is not lawful for some and unlawful for others ; but the law for all extends everywhere, through the wide-ruling air and the infinite light of heaven. R. P. 183.

136. Ne cesserez-vous pas ce meurtre au bruit funeste ? Ne voyez-vous pas que vous vous dévorez les uns les autres dans l'étourderie de vos cœurs ? — R. P. 184 b.
Will ye not cease from this ill-sounding slaughter ? See ye not that ye are devouring one another in the thoughtlessness of your hearts? R. P. 184 b.

137. Et le père soulève son propre fils, qui a changé de forme, et le tue en prononçant une prière. L'insensé ! Et ils se précipitent vers les meurtriers, demandant grâce, tandis que lui, sourd à leurs cris, les égorge dans son palais et prépare l'abominable festin. Pareillement, le fils saisit son père, et les enfants leur mère, leur arrachent la vie et dévorent la chair qui leur est parente. — R. P. 184 b.
(137) And the father lifts up his own son in a changed form and slays him with a prayer. Infatuated fool ! And they run up to the sacrifices, begging mercy, while he, deaf to their cries, slaughters them in his halls and gets ready the evil feast. In like manner does the son seize his father, and children their mother, tear out their life and eat the kindred flesh. R. P. 184 b.

138. Epuisant leur vie avec l'airain.
(138) Draining their life with bronze.

139. Malheur à moi, que le jour impitoyable de la mort ne m'ait pas anéanti avant que j'accomplisse avec mes lèvres les œuvres mauvaises de la voracité ! — R. P. 184 b.
Ah, woe is me that the pitiless day of death did not destroy me ere ever I wrought evil deeds of devouring with my lips ! R. P. 184 b.

140. S'abstenir tout à fait des feuilles de laurier.
(140) Abstain wholly from laurel leaves.

141. Misérables, derniers des misérables, gardez vos mains des fèves !
Wretches, utter wretches, keep your hands from beans !

142. Le palais, recouvert d'un toit, de Zeus qui tient l'égide ne le réjouira jamais, non plus que la maison de...
(142) Him will the roofed palace of aigis-bearing Zeus never rejoice, nor yet the house of ...

143. Lavez-vous les mains, prenant l'eau des cinq sources dans le bronze inflexible. — R. P. 184 c.
Wash your hands, cutting the water from the five springs in the unyielding bronze.    R. P. 184 c.

144. Jeûnez de la méchanceté ! — R. P. 184 c.
Fast from wickedness !     R. P. 184 c.

145. C'est pourquoi vous êtes saisis par la dure perversité, et ne voulez pas délivrer vos âmes des misérables soucis.
Therefore are ye distraught by grievous wickednesses, and will not unburden your souls of wretched sorrows.

146. 147. Mais, enfin, ils apparaissent parmi les hommes mortels comme prophètes, poètes, médecins et princes ; et ensuite ils s'élèvent au rang de dieux comblés d'honneurs, participant au foyer des autres dieux et à la même table, libres des misères humaines, assurés contre la destinée et à l'abri des offenses. — R. P. 181 c.
(146, 147) But, at the last, they appear among mortal men as prophets, song-writers, physicians, and princes ; and thence they rise up as gods exalted in honour, sharing the hearth of the other gods and the same table, free from human woes, safe from destiny, and incapable of hurt. R. P. 181 c. 5

148. ...La terre qui enveloppe l'homme.
(148) .  .  .  Earth that envelops the man.