ACCUEIL ET NOUVEAUTÉS
(mise à jour : le 17/02/2014)

Recherchez dans:



HOMÈRE : Iliade

HOMÈRE : Odyssée

HÉSIODE : Théogonie Nouveau

THALÈS : (Grec, Anglais, Français)

ANAXIMANDRE : (Grec, Anglais, Français)

HÉRACLITE : (Grec, Anglais, Français)

PARMÉNIDE : (Grec, Anglais, Français)

ZÉNON : (Grec, Anglais, Français)

EMPÉDOCLE : (Grec, Anglais, Français)

ESCHYLE : Perses (interlinéaire)

PLATON : Criton

PLATON : Phèdre

PLATON : Euthyphron.

PLATON : Apologie de Socrate

EUCLIDE : Les Éléments

Dictionnaire des dieux

Page de liens

PHILOCTETES
ΦΙΛΟΚΤΗΤΗΣ

Héraclite (576 à 480 avant Jésus-Christ) : "Tout s'écoule"
Πόλεμος πάντων μὲν πατήρ ἐστι : La guerre est père de tout.

1) HÉRACLITE : Œuvres Complètes (139 Fragments)
a) Héraclite en unicode (UTF-8) : traduction juxtalinéaire en cours ou en PDF
b) Héraclite en PDF
c) Héraclite en html
(traduction et commentaire de John Burnet) en grec ancien, en anglais et en français d'après L'aurore de la philosophie grecque (Ed. 1919 pour la traduction française par A. Reymond et 1912 pour l'édition originale anglaise).

2) HÉRACLITE : Résumé de la doctrine par Edouard Zeller (1882) La philosophie des Grecs considérée dans son développement historique

3) HÉRACLITE : VIE (d'après L'aurore de la philosophie grecque de John Burnet, Ed. 1919 pour la traduction française par A. Reymond).
Héraclite d'Ephèse, fils de Blyson, « florissait », dit-on, dans la LXIXe Olympiade (504/3-501/0 av. J.-C.)1, c'est-à-dire juste au milieu du règne de Darius, et plusieurs traditions le mettent en rapport avec ce souverain 2. Nous verrons que Parménide était placé dans la même Olympiade, quoique pour une autre raison (§ 84). Il est plus important, toutefois, pour le but que nous nous proposons, de noter que tandis qu'Heraclite parle de Pythagore et de Xénophane au passé (fig. 16), il est à son tour l'objet d'une allusion de Parménide (fig. 6). Ces références sont suffisantes pour marquer sa place dans l'histoire de la philosophie. Zeller soutient, il est vrai, qu'il ne peut avoir publié son oeuvre qu'après 478, en se fondant sur le fait que l'expulsion de son ami Hermodore, à laquelle il fait allusion dans le fragment 114, ne peut avoir eu lieu avant l'écroulement de la domination perse. S'il en était ainsi, il serait difficile de comprendre comment Parménide pourrait avoir connu les doctrines d'Heraclite ; mais il n'y a assurément aucune difficulté à supposer que les Ephésiens aient banni un de leurs plus éminents citoyens à l'époque où ils payaient encore le tribut au Grand Roi. Les Perses n'enlevèrent jamais aux cités ioniennes leur autonomie interne, et les lettres apocryphes d'Heraclite montrent que, selon l'opinion reçue, Hermodore fut exilé au cours du règne de Darius 3. Sotion dit qu'Heraclite fut élève de Xénophane 4, mais cela n'est pas probable, attendu que Xénophane paraît avoir quitté pour toujours l'Ionie avant qu'Heraclite fût né. Il est plus vraisemblable qu'il ne fut l'élève de personne, mais il est clair, en même temps, qu'il était au courant de la cosmologie milésienne, et qu'il avait lu les poèmes de Xénophane. Il savait aussi quelque chose des théories enseignées par Pythagore (frg. 17). De la vie d'Heraclite, en réalité, nous ne savons rien, sauf peut-être qu'il appartenait à l'ancienne maison royaie, et qu'il résigna en faveur de son frère la dignité de roi attachée à son nom 5. L'origine des autres renseignements relatifs à sa vie est tout à fait transparente 6.
LXIV. — SON LIVRE.
Nous ne connaissons pas le titre de l'œuvre d'Heraclite 7 — si toutefois elle en avait un — et il n'est pas très facile de se faire une idée claire de son contenu. On nous dit qu'elle se divisait en trois discours : un traitant de l'univers, un de politique et un de théologie 8. Il n'est pas probable que cette division soit due à Heraclite lui-même; tout ce que nous pouvons inférer de cette indication, c'est que ce livre, de par sa nature, se divisait en ces trois parties quand les commentateurs stoïciens se mirent à en faire leurs éditions. Le style d'Heraclite est proverbialement énigmatïque, et il lui valut, à une date postérieure, le surnom d'« Obscur 9». Les fragments relatifs au dieu delphique et à la Sibylle (frg. 11 et 12 = 9 et 92 D.) semblent montrer qu'il avait conscience d'écrire en style oraculaire, et nous avons à nous demander pourquoi il le fit. En premier lieu, c'était la manière du temps 10. Les événements impressionnants de cette époque et l'influence de la renaissance religieuse faisaient prendre un ton quelque peu prophétique à tous les conducteurs de la pensée. Pindare et Eschyle en usent de même. Ils sentent tous qu'ils sont en quelque mesure inspirés. C'est aussi l'époque des grandes individualités, qui sont portées à la solitude et au dédain. C'était, du moins, le cas d'Heraclite. Si les hommes veulent se donner la peine de creuser pour avoir de l'or, ils peuvent le trouver (frg. 8 = 22 D.) ; sinon il faut qu'ils se contentent de paille (frg. 51 = 9 D). Telle paraît avoir été l'opinion représentée par Théophraste, qui disait que l'obstination d'Heraclite l’avait conduit parfois à des exposés incomplets et contradictoires. Mais c’est là une chose très différente de l’obscurité voulue et de la disciplina arcani qu’on lui attribue quequefois ; si Héraclite ne se détourne jamais de sa voie pour rendre sa pensée claire, il ne la cache pas non plus (frg. 11 = 93D).
1 Diog. IX, 1 (R. P. 29), sans doute d'après Apollodore, par quelque autorité intermédiaire. Jacoby, p. 227 sq.
2 Bernays, Die Heraklitischen Briefe, p. 13 sq.
3 Bernays, op. cit. p. 20 sq.
4 Sotion ap. Diog. IX, 5 (R. P. 29 c).
5 Diog. IX, 6 (R. P. 31).
6 Voir Patin, Heraklits Einheitslehre, p. 3 sq. Heraclite disait (frg. 68 = 38 Diels) que c'était mort pour les âmes de devenir eau, et l'on nous dit en conséquence qu'il mourut d'hydropisie. Il disait (frg. 114 = 121 D.) que les Ephésiens devraient laisser leur ville à leurs enfants et (frg. 79 = 52 D.), que le Temps était un enfant jouant aux dames. Aussi rapporte-t-on qu'il refusa de prendre une part quelconque à la vie publique, et qu'il allait jouer avec les enfants dans le temple d'Artémis. Il disait (frg. 85 = 96 D.), qu'il valait mieux jeter les cadavres que du fumier, et l'on prétend qu'il se couvrit lui-même de fumier quand il fut atteint d'hydropisie. Enfin, le frg. 58 (58 D.) fit dire qu'il avait longuement disputé avec ses médecins. Sur ces contes, voir Diog. IX, 3-5, et comparez les histoires relatives à Empédocle que nous discutons, chap. V, | 100.
7 La variété des titres énumérés par Diog. IX, 12 (R. P. 30 b) semble prouver qu'aucun n'était authentiquement avéré. Celui de Muses vient de Platon, Soph. 242 d 7. Les autres sont de simples «mottos» préfixés par des éditeurs stoïciens, et avaient pour but de faire ressortir leur opinion que le sujet de l'oeuvre était éthique ou politique (Diog. IX, 15 ; R. P. 30 c).
8 Diog. IX, 5 (R. P. 30). Bywater s'est inspiré de cette manière de voir dans son arrangement des fragments. Les trois sections sont : 1-90; 91-97 ; 98-130.
9 R. P. 30 a. L'épithète ὁ σκοτεινός est de date postérieure, mais Timon de Phlionte l'appelait déjà αἰνικτής (frg. 43, Diels).
10 Voir les précieuses observations de Diels dans l'introduction à son Herakleitos von Ephesos, p. IV sq.